Oublier Tchernobyl pour construire une centrale nucléaire

[Ce texte est basé sur l'article de Uladzimir Valodzin "Comment on construit la centrale nucléaire biélorusse" publié sur le site de l'édition biélorusse du Monde diplomatique en avril 2010 (http://www.monde-diplomatique.by)]

Le 25e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl a été commémoré sur fond d'accident dans la centrale nucléaire japonaise de Fukushima-1. Cette année, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans le monde entier pour rappeler le devoir de mémoire et réclamer la sortie du nucléaire. Curieusement, aucun événement majeur n'a été observé ce jour-là en Biélorussie, pays qui a pourtant le plus souffert des retombées radioactives de l'explosion nucléaire en Ukraine.

LUTTES POUR LA SÛRETE DES USINES & LUTTES DE CLASSES : UNE LUTTE POUR UNE NOUVELLE SOCIETE

Le dernier accident industriel à Fukushima a des aspects particuliers dont je ne traiterai pas ici ; mais il ne doit pas cacher l’ampleur des risques liés aux industries traditionnelles (métallurgie, mécanique, chimie…) pour les salariés et les populations avoisinantes.

Mon propos se fonde sur plus de 20 ans de responsabilités électives dans le secteur environnement et gestion des risques, pour des Collectivités d’une région qui concentre prés du tiers de la chimie française et sur la collaboration avec de nombreux syndicalistes et associatifs ; je suis donc surtout le porte parole de cette expérience et de cette réflexion collectives.

Sous la menace des catastrophes industrielles - Déclaration commune (projet)

Pour une large consultation sur leurs causes, les possibilités de leur prévention et de leur traitement a l’échelle de la société

Plusieurs accidents récents soulignent l’actualité de la question: la triple catastrophe  qui vient d’endeuiller le Japon, et qui a ranimé sur le champ les discussions touchant l’utilisation des centrales nucléaires. Chez nous, en Hongrie la catastrophe des boues rouges nous a touché l’année derniere de plein fouet. Parmi les accidents les plus graves nous pourrions mentionner la catastrophe de Seveso, en Italie, celle de Bhopal en Inde, ou encore l’explosion du combinat chimique AZF, pres de Toulouse, sans oublier Tchernobil parmi les plus graves, que nous rappelle justement ces jours-ci de facon douloureuse la catastrophe de Fukushima.

UNE CATASTROPHE POST 1989 : LA DÉSINDUSTRIALISATION SANS RÉINDUSTRIALISATION

Le cadre général de la discussion : I

La philosophie traditionnelle, focalisée sur le modèle abstrait de l'homme, avait soutenu que la sagesse de la vie suppose le développement de la créativité, et pas son gaspillage. Les voies concrètes pour que ce développement puisse se réaliser étaient évidemment au choix de l’homme mais, puisque cet homme était semblable au philosophe, c'est-à-dire incarnait le travail intellectuel séparé du travail manuel, il n’a jamais utilisé tout son temps pour gagner son existence. Jamais la pauvreté comme condition existentielle n’avait tourmenté la philosophie traditionnelle.